Le petit Luberon et les monts du Vaucluse


A mi-chemin entre les Alpes et la Méditerranée, le Luberon étend d'est en ouest sa barrière rocheuse qui culmine à 1125 m ; séparés par une vallée fertile, les monts du Vaucluse lui font face au nord.

Falaises, collines, carrières d'ocre, plaines cultivées, paysages lumineux et accidentés,  villages perchés et chateaux composent un territoire très diversifié qui justifie sa renommée.

Au delà des villages les plus réputés, de nombreux sites moins fréquentés sont à ne pas manquer.

 

Visite :

Au départ du clos des Sorgues, un itinéraire en boucle permettra de parcourir les monts du Vaucluse pour revenir par les pentes du Luberon de l'autre côté de la vallée.

Après avoir traversé Le Thor, agréablement situé sur la Sorgue, dominé par la colline de Thouzon , on rejoindra l'Isle-sur-la-Sorgue puis Fontaine-de-Vaucluse 8 km plus loin.

 

Fontaine-de-Vaucluse

Coupe de la résurgence de Fontaine de Vaucluse
Fontaine de vaucluse, la résurgence

Le nom du site "vallis clausa"  signifiant vallée close a donné en provençal "vaù causa", francisé ensuite en vaucluse.

Situé au pied d'un cirque rocheux aux parois impressionnantes, la résurgence est une des plus puissantes du monde, mais ses 630 millions de m3 annuels en font la première d'Europe ; Ce puit est la résurgence d'un immense réseau souterrain couvrant 1240 km2. Il rassemble les eaux pluviales du Mont Ventoux, des monts de Vaucluse et de la montagne de Lure et émerge ici d'une profondeur de plus de 300 m à une température constante de 13°C ; le débit atteint  très exceptionnellement 100 m3/s,  pour varier  habituellement entre   30 et   4 m3 par seconde en été.

Du village, on suivra le chemin qui longe la rivière vert émeraude jusqu'à la résurgence : en regardant la rivière ombragée de platane, on évitera de voir les nombreuses boutiques peu esthétiques qui jalonnent le parcours de 10 minutes. Le moulin à papier, le dernier survivant des 4 moulins existant au 18eme siècle permet de visualiser un procédé ancien de fabrication de papier et propose dans la boutique de très beaux papiers et textes.

Une visite le dimanche n'est pas à privilégier car le site de Fontaine-deVaucluse est alors très fréquenté.

l'eau verte et fraiche qui jaillit à Fontaine de Vaucluse et donne naissance aux Sorgues
Fontaine de Vaucluse
La célèbre abbaye cistercienne notre dame de Senanque derrière le champs de lavande
Notre dame de Sénanque

L'abbaye de Senanque

A quelques encablures, on atteint au détour d'un virage et blottie au fond d'un vallon la très belle abbaye cistercienne Notre-dame-de-Sénanque qui tire son nom de la rivière Sénancole, fut fondée en 1148 ; sa construction dura près de 100 ans ; les cisterciens pronaient un idéal ascétique, austérité et dépouillement. Les sites cisterciens sont souvent situés dans des vallées : Certes, le site doit permettre l'isolement conforme à la vie hors du monde , il doit permettre de pourvoir aux besoins de la vie monastique, mais surtout,  les vallées sont alors disponibles, car peu attractives, et donc à l'abris des rivalités des seigneurs locaux.

3 abbayes cisterciennes ont été construites à la même époque, Silvacane, au sud de Lourmarin et Le Thoronet dans le var ; les pierres de taille utilisées dans la construction font apparaître des marques de tâcheron similaires qui prouvent que les mêmes tailleurs ont participé aux 3 constructions et ont marqué leurs ouvrages afin d'en être rémunérés.

Les champs de lavandin en fleur donnent à l'abbaye en juillet un attrait particulier pour les photographes . L'abbaye est bien conservée et la visite intéressante ; la route d'accès est souvent encombrée de voitures garées sur les côtés mais on peut essayer d'aller jusqu'au parking devant l'abbaye qui est souvent moins encombré.

Gordes

le village perché du Lubéron, Gordes
Gordes

Nous sommes maintenant à 2 pas de Gordes ; C'était à l'origine un village habité par une tribu Celto-ligure , les Vordenses : Vorda signifiait village perché et se prononçait "gworda"; qui devint ensuite Gorda....

Le site du village de Gordes est remarquable,  mais certains visiteur pourront être déçus par le village car peu s'aventurent au delà de la place du chateau et des rue commerçantes : il faut pourtant s'écarter de la foule,  Gordes étant un lieu très fréquenté, et descendre dans les ruelles et découvrir les calades bordées de caniveaux en pierre, les passages voutés, escaliers et maisons qui s'appuient sur les anciennes fortifications. 

Sur les monts du Vaucluse, Joucas et ses ruelles ornées de sculptures
Joucas

Joucas

En poursuivant vers l'est, nous passons à proximité de Joucas peu avant d'atteindre Roussillon. Joucas est un beau village étagé sur une butte située face aux ocres de Roussillon à l'écart de l'agitation touristique dont souffrent d'autres villages du Luberon. On y croise de belles maisons en pierres des 17 et 18eme siècle, de pittoresques ruelles caladées, une église du 18eme siècle décorée de peintures en trompe l'oeil.

 

Et petit plus de Joucas, au gré des calades on peut découvrir les oeuvres de deux sculpteurs qui ont leur atelier dans le village. 

 

 

 

Roussillon

Roussillon au milieu des carrières d'Ocres et ses maison badigeonnées d'ocres
Roussillon

Il suffira de parcourir 4 km supplémentaires pour atteindre Roussillon.

Plus de 100 millions d'années ont été nécessaires pour que dépôts de sables marins, cristallisations, oxydations et mélanges successifs créent ce que l'on nomme Ocre, qui se décline en une palette de plusieurs dizaines de teintes. Et c'est à la fin du 18eme siècle qu'un roussillonnais met au point une technique permettant de l'exploiter : pigments de peintures , ou pigment du caoutchouc , élastiques, chambres à air, lino, peau des saucisses de Strasbourg et , encore plus surprenant, colorant du papier des gitanes maïs ! c'était un des plus importants gisements au monde . L'arrivée des colorants synthétiques signa la fin de l'exploitation industrielle.

Il en résulte des carrières à ciel ouvert, qui, modelées par l'homme et les éléments naturels ont abouti à des paysages aux couleurs et aux formes féériques.

A Roussillon, le sentier des ocres proposent 2 circuits "colorés" (attention aux chaussures blanches...) de 30 minutes et une heure dans une ancienne carrière, parmi les falaises d'ocres et cheminées des fées.

Le conservatoire des ocres et de la couleurs, installé dans une ancienne usine, vous en dira beaucoup plus sur l'histoire et la fabrication de l'ocre.

Quand au village de Roussillon, il diffère des autres villages du Luberon avec ses maisons aux façades badigeonnées d'ocres jaune, orange ou rouge ; il faut circuler dans les ruelles et monter au sommet du village sur la place Pignotte où le point de vue est grandiose. 

Roussillon est le seul village implantée au coeur des sites d'exploitation, d'autres sites tels que Rustrel, le colorado Provençal permettent des ballades de 1 à 3 heures au coeur des massifs d'ocres.

 

 

les falaises d'ocres au premier plan du village de Roussillon
Roussillon

 

 

 

 

 

Roussillon, le village et les falaises d'ocres

 

 

 

 

 

 

 

Rustrel, le colorado Provençal

Traversons maintenant la vallée agricole qui sépare les monts du vaucluse de la montagne du Luberon ; sur notre route vers Bonnieux, un petit détour par Goult est intéressant pour qui souhaite découvrir un petit village de Provence où il fait bon flâner.

Goult

Dans ce village authentique paisible à flanc de colline, on croisera aux détours des ruelles des vestiges du 12 ème siècle, église romane, vestiges des anciens remparts, porte à herse, chateau médiéval remanié au 18 ème siècle (privé), de belles maisons anciennes, des cafés et restaurants accueillants et si l'on s'aventure en haut du village, le site du  joli moulin "de Jérusalem" très bien restauré offre un beau panorama sur la vallée et les montagnes du Luberon.

Bonnieux

Nous ne sommes désormais qu'à quelques encablures des flanc de la montagne du Luberon ; avant d'atteindre Bonnieux, on pourra pour les amateur faire une halte à la cave de Bonnieux, qui propose un choix d'A.O.C Ventoux et d'A.O.C Luberon.

Bonnieux est un village fortifié à la croisée du petit et du grand luberon ; c'est un village très escarpé, dédale de ruelles et d'escaliers pierreux : très bon pour l'exercice, il faudra grimper de nombreuse marches pour atteindre le sommet et l'église du 12 ème siècle.

Ce n'est pas notre village favori toutefois, à notre gout, la route qui le traverse et permet de traverser le Luberon pour rejoindre Lourmarin enlève un peu de son charme.

A Bonnieux, on peut faire le choix de retourner vers le clos-des-Sorgues en parcourant les villages du flanc nord du Luberon, ou traverser la montagne par les gorges qui permettent d'atteindre Lourmarin et le grand Lubéron au sud, une zone relativement protégée du mistral par la barrière montagneuse.


Lacoste village du marquis de Sade, le château
Lacoste, le château du marquis de Sade

Lacoste

Sur la colline opposée à Bonnieux, les deux villages semblent se surveiller. Le village est dominé par le chateau du XI ème siècle, propriété de la famille Simiane puis acquis par la famille de Sade ; le marquis de Sade y séjourna plusieurs fois entre 1765 et 1778. Le chateau appartient depuis 2001 à Pierre Cardin, qui l'a restauré et ouvert au public.

Lacoste est un très bel ensemble médiéval, avec de ruelles pavées de galets, de pierres, des calades bordées de maisons à fenêtres à meneaux, des remparts, un beffroi du 18 ème siècle avec son campanile et son chateau imposant.

Certains reprochent à Pierre Cardin d'avoir acquis et restauré de nombreuses demeures et en les laissant inoccupées (assez étrange de voir des salons éclairés et sans habitant....), d'avoir fait de Lacoste un village Musée, d'autant que les étudiants de l'école d'art américaine de Savannah viennent ici s'imprégner de la vie provençale, il n'en reste pas moins que c'est un endroit que nous aimons bien et nous encourageons nos hôtes à le visiter.

Le village de Ménerbes perché sur son éperon rocheux au coeur du petit Luberon
Ménerbes

Ménerbes

C'est l'écrivain anglais Peter Mayle, qui en 1989 avec son livre "une année en Provence" qui a attiré l'attention sur ce village perché sur son éperon rocheux ; d'autres artistes, peintres et écrivains l'ont d'ailleurs fréquenté, albert Camus, Picasso et sa muse Dora Maar, Nicolas de Stael... Ici aussi, de belles demeures eu un patrimoine moyenâgeux émaillent les ruelles ; la structure imposée de Ménerbe sur son rocher tout en longueur nous fait un peu regretter la présence d'un coeur de village plus concentré.

Oppède-le-vieux

Nous voici dans un de nos villages préférés, le village du Luberon le plus proche du clos-des-Sorgues.

On a découvert des traces d'occupation romaine (le nom du village vient-il d'oppidum ?), puis le village est alternativement sous l'autorité du pape, puis de l'antipape et à nouveau du pape de Rome ; c'est à cette période, en 1545 que le seigneur de l'époque s'illustre dans le massacre de 3000 Vaudois (d'obédience protestante) installés dans le Luberon.

Comme de nombreuses villes, Oppède-le-vieux est rattaché à la France à la révolution. Entre temps, le chateau a été peu à peu abandonné et pillé par les habitants.

Au cours du 19ème siècle, la position perchée et défensive du village devient secondaire et la population, découragée par la difficulté des cultures due à une mauvaise exposition au soleil descend peu à peu vers la plaine ; au début du 20ème siècle, Oppède-le-vieux est déserté et c'est le nouveau village Oppède qui réunit les habitants.

Ce n'est qu'au cours de la 2ème guerre mondiale, que des artistes, dont Consuelo de Saint Exupéry, l'épouse de l'aviateur Antoine de Saint Exupéry, viennent se réfugier dans l'ancien village.

Oppède-le-vieux, les jardins qui relient le parking au village
Les jardins en terrasse qui montent au village

Oppède-le-vieux compte aujourd'hui une vingtaine d'habitants ; nous apprécions  l' atmosphère particulière qui se dégage de son mélange de ruines aux herbes folles et de jolie demeures médiévales restaurées.

Garez vous sur le parking spécialement aménagé en contrebas du village ; on traverse alors de beaux jardins en terrasse qui montent doucement vers les premières maison en offrant des vues dégagées sur les monts du Vaucluse qui font face au Luberon.

la place de la croix à Oppède-le-vieux avec le petit café
Oppède-le-vieux, le petit café

Au delà d'une aire de battage du blé, on atteint les premières maisons et on redescend vers la place de la croix avec sa halle, la mairie aménagée au dessus de l'ancienne porte de la forteresse. et un café de village vraiment charmant.

Après avoir franchi la porte fortifiée,  les demeures en ruine, envahies de végétation et les façades renaissance des 15 et 16ème siècle  forment un univers fantomatique et envoutant ; la montée vers la petite église en cours de restauration permettra d'atteindre un joli point de vue et les ruines du château ; on pourra redescendre par d'autres ruelles tout aussi sympathiques.